Depardieu

C'était un très grand acteur avec une très forte personnalité, un "monstre sacré". Un grand acteur sait incarner des personnages très divers, mais on aime bien qu'il soit lui-même, qu'il se joue, qu'il se sur-joue. Quand GD en fait un peu trop, on l'admire, quand DG dépasse les bornes, on lui pardonne parce que c'est GD, quand GD est carrément lourd et qu'il devient odieux, on n'ose pas le lui dire parce qu'il ne faut surtout pas le contrarier, c'est un personnage trop important, c'est lui qui rapporte le fric, c'est lui qui fait vendre, alors si une figurante, une maquilleuse est importunée, qu'elle se débrouille toute seule, il ne faut pas casser la pompe à finance.

Il a raison DG quand il se dit innocent, il vit dans une époque où il était adulé dans tout ce qu'il faisait, dans un monde où les valeurs qui étaient promues étaient celles du machisme le plus débridé. Personne ne lui jamais fait remarquer que ce qui était la norme il-y-a 30 ans n'est plus de mise aujourd'hui, qu'on qualifie de viol maintenant ce qui n'était qu'une petite plaisanterie et qui nous faisait bien rire autrefois. Dans ce monde où il semble être resté, oui il est innocent.

Les responsables, ce sont tous ceux qui se rendaient bien compte que DG dépassait les borne, mais qui ont continué à en rire, qui n'osaient rien dire (parce que c'est GD). Les coupables ce sont les producteurs qui ménageaient leur petit (gros) business et qui ne voulaient surtout pas casser une formidable machine à fric : entre une tête d'affiche et une petite figurante, le choix est trivial.

C'est le système, ici le cinéma, mais c'est tout le business des spectacles, c'est tous les sports, c'est tout le système où les hiérarchies de domination et d'impunité qui fait que certains peuvent tout se permettre en toute bonne conscience.

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