La catastrophe inéluctable

Que ce soit le réchauffement climatique ou bien l’épuisement des ressources de la planète, nous sommes collectivement incapables de corriger la situation.

Dans la population, il semble que la prise de conscience commence à émerger, par contre, aucun changement de comportement. Dans ce genre de circonstances, nous sommes désemparés, sans savoir précisément quoi faire de concret, nous attendons des autres qu’ils proposent des solutions et nous montrent la voie en trouvant des solutions et en les mettant en œuvre.

Pour segmenter les acteurs, on peut, certes artificiellement, mentionner les puissants, ceux qui auraient les moyens et la masse des gens ordinaires, qui pris individuellement sont sans moyens, mais qui collectivement, pourraient représenter un pouvoir important.

Les puissants sont les grands industriels, les multi-nationales, il s’agit donc du pouvoir capitaliste. Cet acteur a acquis sa puissance en appliquant des principes qui n’ont rien à voir avec l’écologie et la préservation des ressources, c’est au contraire celui qui a le plus contribué à la situation actuelle. Cet acteur n’a qu’un seul principe qui est de faire de l’argent sans aucune considération pour la planète. Les lobbies de la grande industrie ont fait pression sur les institutions pour saborder les lois écologiques, ils ont mis des moyens considérables pour pouvoir faire encore plus d’argent en détruisant encore plus la planète. Par quel tour de passe-passe, la grande industrie pourrait-elle devenir un acteur vertueux de ce nouveau scénario ? Certaines industries, parmi les plus polluantes, se sont lancées dans des programmes d’énergies nouvelles ; ce serait naïf de croire que c’est une réelle transition écologique, toute la publicité qui est faite pour cette action est de l’ordre du green-whashing, mais aussi, plus subtilement une stratégie de pompier-pyromane, en effet, ces industries qui se remplissent les poches en saccageant la planète, prennent de l’avance aujourd’hui pour pouvoir jouer les pompiers demain quand nous serons obligés de faire appel à elles pour guérir le mal qu’elles ont causé, leur puissance financière leur ayant permis, entre-temps, de se placer en position de monopole.

A l’opposé, le peuple qui subit les dégradations de la situation et qui ne peut presque rien faire. Il faudrait qu’il s’unisse, qu’il réagisse, Mais c’est tellement difficile ! Ce sont les plus pauvres qui subissent le plus violemment les catastrophes climatiques mais leurs préoccupations pour le court-terme les empêchent, et c’est bien compréhensible, de penser au climat, de plus, ce sont eux qui ont le moins de moyens d’action. Par ailleurs, certains subissent la guerre, sont soumis à des dictatures et pour eux l’écologie n’est pas prioritaire. Les classes moyennes commencent à se préoccuper de ces problèmes mais ça ne débouche pas sur du concret. Nous avons du mal à prendre la mesure de l’enjeu (« nous » : je nous englobe dans cette classe moyenne). Sommes-nous capables de réduire drastiquement notre consommation ? Les pays développés (OCDE) consomment 2 à 3 fois ce que la planète peut régénérer, il faudrait donc diviser par 2 ou 3 notre consommation dans tous les domaines. Dans une économie basée sur la croissance perpétuelle, c’est inenvisageable, déjà 10 % de baisse est considéré comme une catastrophe, quant à changer de modèle économique, on n’entend personne le suggérer. Pendant le COVID, on a eu une petite stagnation ou récession, et certains ont parlé de revoir notre modèle économique ; maintenant qu’on est revenu à une situation « normale » avec à nouveau de la croissance, plus question de changer quoi que ce soit du modèle actuel. Pourtant, on sait maintenant que ce modèle qui se base sur des hypothèses fausses (non limitation des ressources) est un modèle dépassé qu’il faut changer au plus vite et ce n'est pas en comptant sur le progrès qu'on sauvera le modèle. Collectivement, les gens, le peuple, pourraient avoir un pouvoir d’action, mais la conscience de l’urgence n’est pas là, les gouvernements sont influencés par des opinions publiques diverses, contradictoires, versatiles et par des lobbies puissants, bien organisés, influents avec des moyens de pression importants, ce sont donc ces derniers qui gagnent à tous les coups.

C’est l’impasse, les plus faibles n’y peuvent rien, les plus forts ne veulent rien faire qui limite leur exploitation des ressources. Au milieu, une poignée d’intellectuels inquiets crient dans le désert… pour rien.

Il est paradoxal que ce soit l’homme (sapiens) qui se croit au sommet de la hiérarchie des espèces, qui tue sa planète mère et nourricière. Faudra-t-il pour sauver la terre et l’ensemble des espèces du monde vivant, que ces autres espèces se liguent pour éradiquer l’humanité, l’homme, le prédateur ultime ? Sans l’homme, la nature pourra, peut-être après des millénaires, retrouver son équilibre.

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