Terroriste & Résistant : un autre point Godwin ?

Début de citation Wikipédia.

Il est parfois difficile de distinguer entre des actes de résistance et des actes de terrorisme car les différents termes renvoient à une forme de légitimité supposée des objectifs politiques qui justifierait en partie les actes de violence commis. La perception de cette légitimité varie largement selon les protagonistes et observateurs ce qui complique grandement l'établissement d'une définition objective et acceptée universellement de la notion de terrorisme.

Un cas d'autant plus complexe qu'il fait partie de l'actualité est celui d’Israël, où diverses tendances de l'islam sont en guerre larvée et certains groupuscules armés recourent à des actes violents contre des civils israéliens ou étrangers. Se considérant résistants à l'occupation de leur pays par Israël les auteurs de ces actes prétendent trouver dans ce statut la justification de leurs actions. Si par contre on refuse d'accorder ce statut de résistant, soit par déni de l'objectif politique (ne considérant pas que la Palestine soit occupée) soit parce qu'on considère que la violence extrême utilisée dépasse toute forme de justification, on parlera alors de ces actes de violence comme d'actes de terrorisme. Ainsi, l'appellation de terroriste sous-entend une complète illégitimité de ces actions alors que la définition de résistant sous-entend une légitimité à résister à l'envahisseur ou à l'occupant.

Pour éviter le « piège » sous-jacent à ne pas faire abstraction de la légitimité ou non de l'acte et qui est rappelé par le cliché qu'« un terroriste pour l’un est un combattant de la liberté pour l’autre », une approche est de se focaliser sur les « objectifs opérationnels » et non pas sur les « objectifs politiques ». Selon M. Stohl, on sort de ce cliché en prenant en compte qu'« un individu est un terroriste quand il emploie des méthodes terroristes [et que] bien que certains puissent vouloir argumenter que des fins particulières justifient des moyens particuliers, cela ne change pas ce que sont ces moyens. » Le terme « terroriste » fait ainsi référence à un moyen tandis que « combattant de la liberté » à une « fin ». Le premier est objectif et le second subjectif.

Fin de citation Wikipédia, le deuxième paragraphe est à peine modifié pour l'adapter à la situation d'octobre 23 au Moyen-Orient.

En d'autres termes et pour commenter l'action du Hamas le 7 octobre 2023 au sud d’Israël et les bombardements de Gaza par l'armée israélienne qui ont suivi :

  • pour les israéliens et leurs alliés, l'action du Hamas est un acte de terrorisme et les bombardements de Gaza sont une légitime représailles ;
  • pour les palestiniens et leurs alliés, l'action du Hamas est un acte de résistance et les bombardements de Gaza sont de nature terroriste ;
  • pour le reste du monde, il faudrait reconnaitre que la situation est extraordinairement complexe et que l'emploie des termes " terroriste " ou bien " résistant " n'est, bien souvent, que le résultat de la guerre des mots et destiné à nous faire croire qu'il y aurait d'un côté le camp de bien et de l'autre le camp de mal. De même que les actes de sabotage des FFI/FFT durant la seconde guerre mondiale étaient :
  • des actes de résistance héroïques pour la majorité des français ;
  • des actes abjects de terrorisme pour les français collaborateurs et les autorités d'occupation allemandes.

Comme toujours, l'histoire retient la version du vainqueur.

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